L’angoisse de l’appartenance : les musulmans français se battent contre la suspicion

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris, a exprimé jeudi soir à Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, une urgence profonde dans le rapport des musulmans en France. Son intervention s’est déroulée lors d’un iftar destiné aux ambassadeurs, où il a souligné la progression inquiétante des actes discriminatoires contre les communautés musulmanes.

« Nous vivons une époque marquée par des discours et des actions qui minent l’estime de soi des citoyens musulmans », a-t-il déclaré. « Leur attachement à la République n’est plus seulement un sentiment, mais une nécessité quotidienne de se justifier face aux préjugés systémiques. »

Un rapport récent, réalisé par l’institution, indique que 90 % des musulmans interrogés considèrent qu’ils peuvent parfaitement s’intégrer en France tout en préservant leurs traditions religieuses. Cependant, ce chiffre ne dissimule pas le sentiment général d’une société de doute qui érode la confiance mutuelle.

Le recteur a insisté sur l’urgence de renforcer les mécanismes d’inclusion pour éviter que l’isolement ne devienne un obstacle à la cohésion nationale.