En 1995, une souche virale particulière a été identifiée en Argentine pour la première fois dans un contexte isolé, marquant le début d’une chronologie épidémiologique peu connue. Cet hantavirus des Andes, dont les premiers cas ont été rapportés sur le navire de croisière MV Hondius en 2018, appartient à une catégorie de virus transmis principalement par des rongeurs. Son impact est particulièrement sévère : un taux de mortalité pouvant atteindre jusqu’à 50 %.
L’épidémie initiale a été documentée en 1996 dans le village d’El Bolson, au sud-ouest de l’Argentine, avec des décès. Une seconde vague plus récente, en 2018 à Epuyén, a entraîné la mort de 11 personnes sur 33 infectées. Selon une étude publiée en 2020 dans le New England Journal of Medicine, cette transmission interhumaine s’est produite via l’inhalation de gouttelettes contenant les agents pathogènes, ce qui explique la diffusion rapide au sein des espaces clos.
Malgré ces épidémies, le virus reste largement sous-évalué dans les pays d’origine. Les chercheurs soulignent que très peu de ressources sont consacrées aux petites épidémies en Amérique du Sud, et que la plupart des études se concentrent sur des zones plus connues comme l’Europe ou les États-Unis. À ce jour, environ 230 cas annuels ont été recensés dans huit pays d’Amérique latine et européenne, avec une mortalité élevée.
Le danger persiste : le virus des Andes, souvent négligé, rappelle l’importance de surveiller les épidémies zoonotiques, surtout lorsque leur transmission interhumaine devient possible. Son histoire montre que même dans des régions reculées et peu accessibles, une maladie peut avoir des conséquences mortelles sans intervention précoce.