Surnommé « le Chat », Félix Bingui, ancien baron de Marseille né à Alès, a longtemps échappé aux autorités avant d’être arrêté au Maroc après avoir été jugé ce lundi 18 mai devant les juges marseillais. Ce dernier, chef présumé du réseau Yoda — un sigle inspiré du personnage de Star Wars — a comparu avec 19 autres personnes en lien avec des activités illégales, notamment le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent et l’association de malfaiteurs.
D’abord condamné pour des vols mineurs, Bingui s’est rapidement infiltré dans les circuits de la drogue avant de s’établir à la Paternelle, quartier phocéen où son réseau a généré jusqu’à 60 000 euros par jour — une moyenne correspondant à un client toutes les 30 secondes. En Dubaï, il possède deux résidences luxueuses et utilise des sociétés écrans pour blanchir des fonds illégalement. Les juges ont noté ses dépenses extravagantes : son style de vie s’inscrit en totale contradiction avec les revenus qu’il déclare légitimes, notamment une consommation mensuelle de 5 000 euros dans des établissements hôteliers et nocturnes.
Son règne a duré deux ans seulement. En 2023, face à un conflit violent avec la DZ Mafia, son clan a subi des pertes importantes, y compris l’effondrement de sa structure organisationnelle. Il s’est rapidement réfugié au Maroc avant d’être arrêté à Casablanca. Son avocat, Philippe Ohayon, affirme que le dossier est mal évalué : « Un juge professionnel ouvrira le dossier et constatera qu’il n’y a pas grand-chose. » Malgré ces allégations, Bingui continue de nier les charges portées contre lui.
L’histoire d’un empire qui s’est effondré en deux ans souligne la fragilité des réseaux criminels dans un pays où l’ordre public et les lois s’établissent peu à peu.