Sang et procuration : pourquoi Plouasne a dû réappliquer son vote municipal

Les élections municipales de Plouasne (Côte-d’Armor) ont été annulées mardi 19 mai par le tribunal administratif de Rennes en raison de deux irrégularités critiques. Cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par l’enquête judiciaire concernant la mort d’une femme résidant sur place, incident qui a provoqué des tensions au sein de la commune depuis plusieurs semaines.

Deux bulletins de vote ont été identifiés comme sources de contestation : l’un présentant des taches de sang et comptabilisé comme nul, l’autre comportant une procuration non finalisée mais incluse dans le décompte. À l’issue du second tour, les deux listes avaient égalé leurs voix à 514 chacune, la liste dirigée par Michel Daugan étant retenue en raison d’une moyenne d’âge plus élevée.

Le tribunal administratif a confirmé que ces irrégularités rendaient le résultat du scrutin hors de portée de certitude. Le rapporteur public avait estimé qu’il était « impossible » de connaître avec précision l’issue, justifiant ainsi l’annulation. Les juges ont également rejeté la demande de victoire pour Élisabeth Bordeau, responsable de la liste adverse.

Cette décision tombe en même temps que des enquêtes ouvertes contre Michel Daugan, maire sortant mis en examen pour la mort d’une femme hospitalisée par ordre médical en psychiatrie. Ce dernier a été maintenu en détention provisoire pendant 15 jours avant d’être libéré le 30 avril sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Plouasne.

Le village doit désormais reprendre ses élections pour désigner un nouveau maire et conseiller communautaire, plongé dans une situation exceptionnelle où chaque décision risque d’agiter les habitants.