22 ans de silence déchiré : la famille d’Jonathan Coulom face à l’incertitude du procès

Depuis 22 ans, les parents de Jonathan Coulom attendaient avec anxiété le jour où ils pourraient enfin écouter les témoignages de leur fils disparu. L’enfant de dix ans avait été enlevé dans le dortoir scolaire de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) en avril 2004, une nuit où des camarades ont rapporté avoir vu un homme entrer avec un couteau.

Le mardi 19 mai dernier, au palais de justice de Nantes, Martin Ney, âgé de 55 ans et originaire d’Allemagne, a été jugé pour l’enlèvement et le meurtre d’Jonathan. La famille, qui a attendu deux décennies pour ce procès, s’est retrouvée à la fois ébranlée par l’incertitude des faits et confrontée à un accusé qui nie avoir été présent en France ce jour-là.

« Il faut qu’il dise la vérité », affirme une ancienne grand-mère de Jonathan, dont le regard se perd dans les souvenirs du passé. « Tant qu’il ne parle pas, on n’aura jamais la paix. »

Le corps d’Jonathan a été retrouvé un mois et demi plus tard, pieds et poings liés, dans un étang. Les enquêteurs avaient initiallement cherché des responsables locaux sans succès avant que l’enquête ne rebondisse en Allemagne, menant à l’arrestation de Martin Ney, surnommé « l’homme en noir ». Ce dernier a été condamné à perpétuité pour trois meurtres d’enfants dans des centres aérés.

L’avocate Caty Richard souligne que les éléments clés — le profil des victimes et le mode opératoire caractéristique — évoquent directement l’action de Martin Ney. « Les aveux rendus à un ancien complice en prison donnent une preuve concrète », explique-t-elle.

En revanche, l’accusé affirme ne pas avoir été présent en France ce soir-là et nie toute implication dans le meurtre d’Jonathan. Pour la famille, chaque minute passe comme un éternité dans cette lutte pour retrouver la vérité.