Le système clientéliste des logements sociaux à Bruxelles : une stratégie politique en pleine lumière

Des documents internes révèlent un réseau d’échanges dissimulés au sein du Foyer anderlechtois, organisation française chargée de gérer les logements sociaux. Lotfi Mostefa, président de cette entité, a été accusé de distribuer des appartements avec une précision calculée pour renforcer son influence électorale.

Une conversation datée du 4 mars 2024 illustre parfaitement cet enjeu : la secrétaire de Mostefa s’inquiète quant à l’engagement d’un concierge, M. Khader, dans le processus électoral. « Vous pensez qu’il va nous soutenir pour les élections ? », lui a-t-elle demandé.

Le président répond avec une clarté sans ambiguïté : « Oui, élection. On fait beaucoup pour elle en termes de patience ». Son objectif est évident — garantir le soutien d’un réseau politique influent, notamment celui de la candidate Aliou (nom d’emprunt), dont sa secrétaire souligne l’« importance stratégique » : « Elle connaît les mamans, et cela compte ».

Cette pratique clientéliste, selon des sources internes, ne s’arrête pas aux simple échanges de logements. Les rénovations de cuisines ou d’autres services sociaux deviennent des leviers pour tester la loyauté politique des bénéficiaires. Une fois encore, les logements sociaux sont transformés en outils politiques — une réalité qui risque de déstabiliser l’ensemble du système.

Les conséquences pour Mostefa et son organisation restent à évaluer, mais ce scandale montre clairement que le clientélisme élu a trouvé un terrain d’élection dans la gestion des logements sociaux bruxellois.