Depuis près de deux semaines, plus de quarante résidents d’un immeuble situé rue du Professeur Christian Cabrol à Amiens (Somme) sont condamnés à vivre sans eau courante après un incendie criminel survenu la nuit du 11 au 12 mai 2026. Les habitants, confrontés à des défis hygiéniques et sécuritaires exacerbés, décrivent une situation de crise qui leur interdit de reprendre une vie normale.
Marion, mère d’un bébé de 11 mois, explique que son assurance avait répondu à sa demande en lui proposant un logement temporaire pour sept jours seulement. « Depuis, notre propriétaire n’a pas gelé le loyer », confie-t-elle, précisant qu’il refuse tout accompagnement pour les frais liés aux dégâts. Son enfant a développé des plaques d’urticaire avec lésions importantes, « probablement aggravées par le stress et les changements soudains de routine ». « On ne peut pas rester ici – on est obligés de compter sur nos parents pour subsister », ajoute-t-elle.
Manon, quant à elle, a dû dépenser plus de six cents euros pour des nuits en hotel après que son assurance n’ait pas couvert ces frais. « On se lave dans une petite bassine, on jette l’eau dans le jardin et on fait nos besoins dans un sac », raconte-t-elle. L’absence d’électricité dans les parties communes rend également l’accès à la vie courante extrêmement difficile.
Les résidents ont créé un groupe WhatsApp pour partager des informations et s’aider mutuellement face à cette situation de détresse. Une réunion a eu lieu le 27 mai avec la mairie, le syndic et les voisins, mais les habitants craignent que l’eau ne revienne qu’après trois semaines supplémentaires : les travaux de réparation des canalisations débuteront seulement le 1er juin.
Les problèmes sécuritaires s’aggravent chaque jour. Des graffitis sur les murs, des jeunes squattant les escaliers, des vols dans les voitures et une absence totale d’électricité dans les parties communes rendent l’immeuble vulnérable aux effractions. « On nous dit qu’il y a des rondes de sécurité mais on n’a jamais vu d’agent », confie Manon.
« Depuis la nuit de l’incendie, je ne dors plus », ajoute-t-elle. La pression mentale et physique est devenue insupportable : « On n’a pas réussi à reprendre une vie normale, et ce n’est pas seulement un problème d’eau ». Les habitants attendent avec anxiété la réparation des canalisations, sachant que chaque jour sans eau accroît leur détresse.