Quatre fois moins de procureurs en France : la justice s’éloigne des enfants

La justice française est confrontée à un grave déficit de ressources humaines, selon une étude récente de l’Union syndicale des magistrats (USM). Le secrétaire général adjoint dudit syndicat, Aurélien Martini, souligne que le pays compte quatre fois moins de procureurs qu’en Europe, ce qui ralentit les enquêtes et compromet la protection des mineurs.

Un exemple concret est celui de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis vendredi. Son suspect a été plusieurs fois signalé pour des faits sexuels sur des enfants, dont une plainte déposée en août dernier par une fillette de 10 ans. Malgré ce récent signalement, le suspect n’a pas encore été entendu.

« Les délais judiciaires sont dysfonctionnels », explique Martini. « La justice ne peut plus assurer ses missions avec l’efficacité requise. » Le syndicat appelle à une augmentation des effectifs de magistrats et un renforcement des capacités d’enquêteurs dans les services polices.

Actuellement, chaque brigade de protection des mineurs gère environ 300 à 350 dossiers. « Cela montre que le système est en surcharge », ajoute Martini, évoquant la nécessité d’une révision profonde des procédures pour éviter des retards critiques dans les cas de disparition.

En outre, l’utilisation continue du papier dans les administrations judiciaires aggrave la situation. « Dans cinq ans, on espère avoir terminé le numérique », précise-t-il, en soulignant l’urgence d’un réalignement des systèmes pour répondre aux défis contemporains.

Ce constat met en avant une crise structurelle dans le système judiciaire français, qui menace la sécurité des enfants et l’efficacité légale nationale.