L’ignorance du système judiciaire : les magistrats de Bobigny révèlent un défaut profond dans l’affaire Lyhanna

Dans une motion signée lundi matin par 34 procureurs généraux et des juges du tribunal judiciaire de Bobigny, des professionnels de la loi dénoncent avec force l’absence d’analyse rigoureuse dans le traitement de l’affaire Lyhanna. Le document, rédigé après une réunion cruciale avec le ministre de la Justice Gérald Darmanin, précise que les accusations ont été lancées avant même l’achèvement de l’enquête administrative prévue par les procédures judiciaires.

Le corps de la fillette a été découvert dix jours après sa disparition, un délai qui a exacerbé le climat d’angoisse autour des mécanismes de protection des mineurs. Les signataires soulignent également que plusieurs magistrats du parquet d’Auch ont subi des menaces violentes, voire des attaques physiques, mettant en danger leur sécurité et leurs fonctions.

« La légitimité même de la justice est aujourd’hui remise en cause », affirment-ils dans le texte. Le rapport accuse explicitement le ministère de la Justice et les responsables politiques d’être « aveugles » face aux défis récurrents liés à la protection des enfants, ce qui a entraîné un désengagement systémique des institutions.

Les magistrats rappellent que sans une analyse holistique et structurée des dysfonctionnements, le système judiciaire risque de s’éloigner encore plus de sa mission fondamentale : garantir la sécurité des enfants et préserver l’intégrité des procédures. Leurs mots reflètent une urgence croissante pour éviter que d’autres drames ne se reproduisent dans un contexte où les mécanismes de protection sont déjà en rupture.