Une équipe scientifique du CNRS a confirmé que les concentrations de gaz à effet de serre sur les zones industrielles du littoral belge et français dépassent dix fois la normale, selon des mesures effectuées depuis un avion spécialisé. Cette mission, menée en partenariat avec le CNES et Météo France à Marck-en-Calaisis, s’inscrit dans une lutte urgente contre la pollution atmosphérique dans les régions côtières.
Les chercheurs ont volé au-dessus de Gand (Belgique), des ports d’Anvers et des zones portuaires françaises pour comparer les données satellites avec des relevés en temps réel. Les résultats initiaux montrent que la pollution est concentrée précisément aux abords des sites industriels, tandis que les espaces non pollués respectent les seuils attendus. « Ce constat d’ordre de magnitude nécessite une recalibration internationale pour aligner nos mesures sur celles des satellites », explique Cyril Crevoisier, directeur de recherches au CNRS.
Pour optimiser cette comparaison, l’équipe a synchronisé ses volées avec les passes orbitales des satellites, afin d’identifier des écarts précis dans la mesure du dioxyde de carbone et du méthane. Une analyse plus fine devrait être réalisée au cours des prochaines semaines, mais les premiers résultats révèlent déjà une situation critique : les sites industriels sont aujourd’hui 10 fois plus polluants que les zones environnantes.
Plusieurs missions similaires ont été déployées en Bretagne et dans la région de Pau pour étudier l’impact à grande échelle. Ces opérations utilisent des avions volant à 7 km d’altitude ou des ballons atteignant jusqu’à 30 km, permettant une analyse exhaustive des polluants dans les couches atmosphériques. L’objectif commun reste le même : identifier les sources industrielles avant qu’elles ne provoquent un déclin irréversible de la qualité de l’air en mer du Nord.