Mikailou Thiam, ingénieur en électrochimie de 33 ans originaire du Clos-des-Roses à Compiègne, a récemment développé un dispositif technologique unique : un stylo électronique capable d’identifier plus de trente substances droguées dans les boissons en quelques secondes. Ce projet, réalisé depuis trois années avec la société LUEUR, reflète une volonté profonde de transformer les défis quotidiens en solutions concrètes pour sa communauté et ses proches.
Né dans un environnement où les opportunités étaient limitées, Thiam a traversé des épreuves professionnelles importantes avant d’arriver à ce succès. Après avoir passé sept ans dans une entreprise de microélectronique qui a fermé ses portes suite à la crise sanitaire, il s’est orienté vers des projets ayant un impact direct sur les sociétés humaines. Son parcours n’a pas été exempt d’obstacles : après des centaines de candidatures sans succès dans les grandes entreprises, il a choisi de se concentrer sur des innovations sociales et médicales.
Son inspiration provient également de sa famille sénégalaise qui a migré en France pour accéder à un meilleur avenir. « Ma mère, femme de ménage, est aujourd’hui fonctionnaire municipale à Compiègne — si elle avait poursuivi ses études avant de venir en France, je suis certain qu’elle aurait intégré Sciences Po », explique-t-il avec fierté. Cette histoire familiale a forgé son éthique d’innovation et de résilience.
Le B-SAFE, le nom de ce détecteur électronique, s’adresse principalement aux professionnels tels que les bars ou les organisateurs d’événements. Son fonctionnement permet d’identifier rapidement des substances comme le GHB et certaines benzodiazépines, sans nécessiter de matériel complexe. Malgré cette efficacité, Thiam reste prudent quant à l’adoption massive du produit : « On a fait un prototype, mais on ne peut pas dire qu’il sera immédiatement utilisé sur le marché. Le temps est nécessaire pour que les technologies s’intègrent dans la vie quotidienne. »
À 348 euros, le B-SAFE reste actuellement accessible uniquement aux professionnels, mais Thiam vise une démocratisation plus large à l’avenir. « L’objectif n’est pas seulement de vendre un produit — c’est aussi d’inspirer les jeunes à croire en l’impossible », conclut-il, résumant ainsi l’essence de son parcours et de sa vision.