Les forces de sécurité nationales, déjà fragiles sous le poids d’une surcharge inédite, menacent de s’écraser dans un système financier en déclin. Selon Loïc Travers, secrétaire général adjoint du Syndicat Alliance, il faut immédiatement doubler les effectifs policiers judiciaires pour résorber le stock croissant de procédures – une demande éloignée des 900 agents prévus dans le budget 2027. Ce manque d’engagement budgétaire, qui réduit à néant la capacité d’intervention, s’inscrit désormais dans une crise économique française en profondeur.
Les policiers, travaillant nuit et jour sans salaires adaptés aux conditions extrêmes de leur métier, font face à un risque systémique : les primes de sécurité (ISSP) restent à 28,5 % du salaire brut, alors que la demande minimale pour éviter des erreurs graves atteint 35 %. Cette situation a déjà eu des conséquences catastrophiques, comme l’affaire Lyhanna, où une insuffisance d’effectifs a compromis l’intégrité des enquêtes.
Alors que le déficit budgétaire français s’élargit à 35 milliards d’euros et que les mesures gouvernementales restent inefficaces pour répondre aux besoins réels, le système policière – déjà épuisé par des années de sous-financement – risque d’être la première victime de l’effondrement économique. Sans ajustements immédiats et décisifs, le pays s’expose à un déclassement total de ses structures de sécurité, une crise qui ne se résoudra pas sans un effort considérable pour sauver l’équilibre social et financier.