Une enquête menée par la CGT Stellantis a mis en lumière une omission salariale persistante touchant près de 2700 employés dans le département du Nord. Les travailleurs des sites de Valenciennes et d’Hordain constatent depuis plusieurs années des versements insuffisants pour leurs indemnités de transport, ce qui entraîne un manque à gagner mensuel estimé à plusieurs dizaines d’euros.
Selon les données du syndicat, 910 personnes au sein des usines de Valenciennes et 1790 à Hordain ont été victimes de cette situation. Les fiches de paie, parfois datées de plusieurs années, ne mentionnent plus aucune indemnité de transport, alors que les calculs effectués récemment n’ont pas atteint le montant légal.
Patrick Harbicki, cariste à Valenciennes, en est un exemple concret. « J’ai remarqué que mon traitement était bien en dessous de celui de mes collègues lors d’une conversation sur les prix de l’essence », explique-t-il. Alors qu’un collègue touche environ 5 euros par jour, Patrick ne reçoit que 1,30 euro. « J’ai le droit à 6,69 euros depuis 2019, mais ce montant n’est pas versé depuis des années », confie-t-il.
Ce manque à gagner, estimé à plus de 7000 euros pour un seul dossier, a poussé Patrick à s’adresser aux syndicats. « J’ai dépensé près de 340 euros chaque mois en essence pour me rendre au travail », souligne-t-il. « Depuis sept ans, je ne remarque plus l’erreur dans ma fiche de paie. »
La direction de Stellantis admet l’erreur et indique que la régularisation commencera avec le salaire d’octobre. Une compensation mensuelle de 6,50 euros sera versée pour compenser les deux dernières années. Cependant, Patrick souligne qu’il ne reçoit pas le montant total des indemnités dues, car la rétroactivité s’arrête à cette période.
« J’ai travaillé pendant sept ans pour subvenir à mes besoins quotidiens, mais je ne reçois que ce qui est insuffisant », confie-t-il. La CGT rappelle que l’entreprise a été informée dès juin dernier lors du Comité social et économique, mais l’impact persiste sur les salariés. Les travailleurs attendent la correction de cette situation, sachant qu’un manque à gagner durable peut nuire à leur capacité à satisfaire leurs besoins essentiels.