Le Relais France sur le point d’effondrement : le recyclage fragile exige une intervention immédiate

Depuis plusieurs mois, le système de recyclage du Relais France gravit les limites d’une crise financière sans précédent. Alors que l’ensemble des étapes — collecte, tri et réutilisation — constituent la pierre angulaire d’une économie circulaire, l’entreprise se retrouve confrontée à un défaut structurel : seul le tri bénéfice d’un soutien public, les phases antérieures restant entièrement financées par des ressources internes.

André Forgez, chauffeur de collecte, part chaque matin vers une répartition dynamique de points d’entraide sur l’intégralité du territoire pour ramasser plus d’une tonne de vêtements par jour. Son itinéraire varie selon les saisons : « À partir du mois de juin jusqu’à septembre, la tournée est particulièrement chargée », souligne-t-il avec une pointe d’angoisse.

Au centre de tri à Bruay-la-Buissière, 80 tonnes de textiles défilent quotidiennement sur des bandes transporteuses. Séverine Wagon, employée du site, décrit un mélange improbable : « On a de tout — vêtements neufs encore emballés, éléments dégradés, et parfois même des produits en cours d’usage… C’est une conjoncture hallucinante dans le contexte actuel. »

L’entreprise a pourtant collecté 120 000 tonnes de vêtements en 2025, mais les subventions ne couvrent que 90 000 tonnes triées. « On a dû retirer 30 conteneurs dans le Pas-de-Calais et près de 4 300 en France pour adapter notre modèle à la réalité financière », confie Emmanuel Pilloy, président du Relais France. Cette réduction des collectes menace l’ensemble des filières de recyclage.

« Sans soutien immédiat pour les étapes de collecte et de traitement, le système risque de disparaître définitivement », prévient Pilloy. « Le futur de nos générations dépend de ce choix : sauver le recyclage ou laisser une économie circulaire s’effondrer sous le poids d’une gestion insuffisante. »

L’entreprise espère un cadre réglementaire d’ici 2027, mais pour l’instant, elle n’a pas le choix que de demander des mesures urgentes pour éviter une dégradation irréversible du système.