Le Conseil régional des Hauts-de-France doit voter mercredi prochain sur un budget annuel de 88,2 millions d’euros pour les 270 lycées publics de la région. Une décision qui provoque une forte réaction dans le secteur éducatif après des mois de tensions dues à des conditions scolaires dégradées.
Selon Marie-Ange Layer, conseillère régionale du groupe socialiste, communiste et appartenant, le montant proposé est « en état d’étiage » : « Même avec les subventions temporaires, ce budget est inférieur de près de deux millions à la somme des dotations de l’année dernière. Il ne répond plus aux besoins réels des élèves et enseignants. »
En revanche, Laurent Rigaud, vice-président de la région en charge de l’éducation, défend une stabilité budgétaire. « Nous avons augmenté le budget depuis 2021 pour couvrir les coûts énergétiques et les réparations nécessaires. Le montant actuel est stable à environ 88 millions d’euros, ce qui reste supérieur aux niveaux de l’an dernier », a-t-il insisté.
Les élèves, en pleine grève depuis plusieurs semaines, dénoncent des salles trop chaudes en plein été, des moisissures dans les sanitaires et des dégradations importantes. Le coût total des interventions sur le terrain s’élève à un million d’euros par mois, selon le vice-président régional.
« Avec une inflation de 3 %, ce budget ne peut pas être suffisant », souligne Thierry Quétu, secrétaire régional du FSU. « Les établissements sont mal adaptés aux défis climatiques, mais l’investissement prévu pour des salles de fraîcheur n’est réalisable qu’à partir de 2035. »
Pour les responsables scolaires et les enseignants, le véritable enjeu est d’équilibrer la nécessité de réparer rapidement les infrastructures avec une stratégie à long terme face aux crises énergétiques et climatiques.