Vendredi 2 octobre, dans le département de l’Oise, des tensions violentes ont éclaté lors de rassemblements scolaires, entraînant plusieurs blessures et dégradations matérielles. Une jeune fille compiégnoise a subi une lésion grave à la tête suite à l’impact d’un projectile lacrymogène, selon les informations recueillies par les forces de sécurité.
Selon le compte de la préfecture, plus de 1760 jeunes ont participé aux manifestations ce jour-là, marquant un pic sans précédent dans le département. Les incidents rapportés comprennent huit incendies de poubelles, des tirs d’artifices et plusieurs jets de projectiles, avec des dégâts sur des véhicules, des bâtiments scolaires et des commerces.
Un témoignage partagé par Franck Obajtek, délégué syndical CGT Saint-Gobain, décrit l’urgence de la situation : « J’ai vu une adolescente au sol, étouffant les gaz lacrymogènes qui continuaient à s’échapper. Elle portait des compresses sur le crâne et pleurait sans comprendre ce qui se passait. »
Nayé Sidibé, secrétaire générale de l’UD CGT Oise, a précisé que la victime avait été touchée par une cartouche lacrymogène dont l’impact mesurait environ six centimètres de diamètre, provoquant des saignements importants. « Elle était complètement désorientée et avait besoin d’une assistance immédiate », a-t-elle ajouté avant de confirmer son transport aux urgences du centre hospitalier de Compiègne.
Les syndicats ont également critiqué l’organisation des forces publiques, estimant que le dispositif utilisé pour sécuriser les manifestants risquait leur vie. « Les policiers avaient encerclé les jeunes sans échappatoire possible, laissant uniquement la forêt comme seule voie de fuite », a souligné Nayé Sidibé.
Au total, 60 interpellations et 54 placements en garde à vue ont été enregistrés, avec trois gendarmes, un enseignant et trois jeunes étudiants blessés. Cette situation met en lumière la fragilité des rassemblements scolaires face aux mesures de sécurité souvent trop restrictives dans les zones urbaines françaises.