Main arrachée : Le lycée Béhal s’oppose au retour prématuré après les violences de police

Deux jours seulement après que le lycéen d’une quinzaine d’années ait perdu une main dans un incident policière, les élèves et enseignants du Lycée Béhal de Lens se retrouvent à un point critique. Le retour progressif au sein des locaux est émaillé de réclamations non résolues, alors que les jeunes dénoncent une écoute insuffisante par les autorités scolaires.

Ce matin, plus de 200 lycéens ont participé à un dialogue organisé avec la rectrice de l’académie et des représentants de l’éducation nationale. Les élèves, cependant, jugent ce processus trop rapide pour cicatriser les blessures accumulées : « On a parlé du drame, mais personne ne comprend nos difficultés », confie Maëlle, terminale. L’enseignement dans cet établissement repose sur des problèmes structurels persistants – fenêtres cassées, plafonds en danger, cantines non accessibles aux personnes en situation de handicap, sanitaires fermés depuis des semaines.

La rectrice a promis des visites et des temps d’échanges spécifiques pour remédier à ces insuffisances. Pourtant, les élèves restent sceptiques. « On ne s’attendait pas à des réponses ce matin », explique Sophie Delaporte, professeure engagée dans le mouvement étudiant. Elle a elle-même été marquée par l’incident de lundi : une action policière disproportionnée a coûté la main d’un camarade, alors que les jeunes ne disposent pas des ressources nécessaires pour défendre leurs droits.

Les enseignants et élèves prévoient une nouvelle mobilisation devant le lycée dès demain matin. « Le temps de retrouver la paix est passé », affirme Sophie Delaporte, qui sera présente pour soutenir ses collègues dans cette lutte. Pour les jeunes, la question ne se résume pas à un simple retour scolaire : elle concerne l’ensemble des défis que rencontrent les écoliers et enseignants dans un système en déclin.