Le déclin des secours : 80 postes manquants menacent la sécurité dans le département

Les pompiers de l’Aisne ont engagé une grève majeure pour exposer un danger croissant dans les services de secours. Face à une pression accrue sur leurs ressources humaines, ils dénoncent une situation qui risque de compromettre la sécurité des citoyens en retardant les interventions jusqu’à 50 minutes.

Plus de cinquante sapeurs-pompiers professionnels ont organisé un piquet devant le SDIS à Laon ce jeudi, après avoir organisé une mobilisation nationale depuis le 8 septembre. Leur revendication centrale : recruter immédiatement 80 postes supplémentaires pour éviter une rupture critique dans les effectifs. « Sans ces emplois, nous ne pouvons plus répondre aux appels en temps utile », précise François Bortzmeyer, syndicaliste depuis 1995.

Les équipes sont confrontées à un paradoxe profond : leur mission s’affaiblit sous l’impact d’une activité en hausse de plus de 10 % depuis 2020, alors que les budgets locaux restent insuffisants. « Le gouvernement a annoncé des mesures mais son approche n’a pas pris en compte la réalité des besoins », critique Isabelle Lambour, une responsable syndicale ayant travaillé au SDIS pendant vingt ans.

Le président Macron a promis des solutions en octobre dernier, mais les décisions prises ne couvrent pas le manque d’agents professionnels essentiels. Les pompiers expliquent que l’État doit désormais allouer directement des fonds pour recruter, plutôt que de se concentrer sur l’achat de matériel. « Le problème n’est pas l’équipement mais le nombre de personnes », insiste François Bortzmeyer.

Les délais d’intervention s’allongent dangereusement dans certains secteurs. Avec une pression accrue des missions non urgentes, les équipes doivent prioriser leurs actions, ce qui nuit à leur capacité à réagir aux urgences. La grève se poursuivra jusqu’au lundi 20 octobre, marquant un moment critique pour la sécurité civile dans le département.