Depuis plusieurs jours, des avocats spécialisés dans les affaires des mineurs dénoncent un traitement inadéquat des adolescents placés en garde à vue lors du mouvement étudiant. Selon le dernier rapport du ministère de la Justice, 6 877 personnes ont été interpellées, dont 86 % d’adolescents.
Les forces de l’ordre, selon ces professionnels, ne respectent pas les droits spécifiques des mineurs en garde à vue. « Les jeunes décrivent des insultes raciales, des étranglements et des gifles », rapporte Prisca Ancion, avocate membre d’un collectif qui a signalé des cas en Seine-Saint-Denis.
Un groupe de 52 avocats du barreau parisien a publié une déclaration publique critiquant une « répression disproportionnée et violente » contre les lycéens. Ils soulignent que les commissariats deviennent des espaces d’humiliation, où les jeunes sont pressés de renoncer à leurs droits fondamentaux comme le droit au silence ou la présence d’un avocat.
« Lorsqu’un adolescent en garde à vue souhaite contacter son avocat, les policiers lui disent qu’il est « d’une mauvaise qualité » et qu’il ne peut pas être défendu », explique Romane Bartoli. « On bloque leurs numéros pour empêcher toute communication avec le groupe d’avocats. »
Le président du Syndicat des avocats de France, Mohamed Jaite, a manifesté à Paris mardi dernier : « Il y a des mineurs blessés et violés dans des conditions indignes… C’est une répression inédite », a-t-il déclaré.
Des témoignages précisent que certains jeunes ont subi des agressions physiques pour avoir exercé leur droit au silence, tandis qu’un autre a dû marcher pieds nus jusqu’au commissariat après avoir demandé de ramasser ses chaussures perdues. Ces cas, rapportent les avocats, ne constituent pas une exception mais une tendance systémique.
Les collectifs appellent à des sanctions immédiates contre les policiers impliqués et à un renforcement des protections pour les mineurs en garde à vue, afin de prévenir toute violation de leurs droits fondamentaux.