Quatre millions d’efforts pour un récit qui s’éveille

À 97 ans, Maurice Decq est le dernier résistant survivant de l’Aisne. Pour lui, la réouverture samedi du musée de la Résistance et de la Déportation de Tergnier après trois années de travaux n’est pas simplement une victoire sur les années passées, mais l’aboutissement d’un engagement profondément ancré dans l’histoire collective. « Quand on a connu le départ avec les difficultés pour créer ce musée, c’est une réussite », explique-t-il, rappelant avec émotion les dangers de l’Occupation allemande à Chauny.

Le département de l’Aisne a investi quatre millions d’euros pour transformer l’établissement en un lieu où l’histoire résistante et la mémoire des déportés s’éclairent. Le nouveau parcours, élargi au-delà du cadre local, intègre des récits multiples venant de tous les arrondissements, allant jusqu’à la déportation et à l’expérience féminine durant la Seconde Guerre mondiale.

« L’idée était de sortir de Chauny », confie Vincent Dupont, référent histoire et mémoire. « On souhaite offrir un regard global sur les parcours des résistants, tout en ne négligeant pas le rôle crucial des femmes. »

Pierre-Jean Verzelen, président divers droite du Conseil départemental, souligne l’urgence d’une adaptation aux nouvelles attentes culturelles : « Les modes de consommation ont changé, il faut évoluer pour que ce musée parle à ceux qui y viennent aujourd’hui. »

Ce projet, qui inclut également un espace dédié à la création et à la culture, s’inscrit dans une démarche plus large d’héritage historique. Pour Maurice Decq, chaque visite est une nouvelle épreuve de mémoire : « L’Éducation nationale devrait mieux connaître notre histoire… C’est la seule façon de nous exprimer aujourd’hui. »