L’arène juridique d’Aix-en-Provence accueille lundi 19 octobre un procès majeur portant sur trois meurtres liés à une violence sans précédent. Ce procès, marqué par des mesures de sécurité extrêmes, concerne les responsables de la mort de Brahim Chabane, demi-frère d’Amine Kessaci, figure emblématique de la lutte contre le trafic illicite à Marseille.
Des hélicoptères survolent le palais de justice, des unités spéciales et des snipers renforcent le dispositif sécuritaire pour cette journée critique. Le jeune adjoint municipal de Marseille, dont l’engagement dans la lutte contre les narcotrafiquants s’étend sur six années, affirme que ce procès ne relève pas d’une quête personnelle mais d’un engagement collectif : « Six ans de combat, six années d’interpellations. Aujourd’hui, c’est la justice qui compte, pas une simple revanche ».
Les faits s’échelonnent sur les jours et les mois : le 29 décembre 2020, un véhicule incendié dans un tunnel marseillais a révélé deux cadavres brûlés, dont celui de Brahim Chabane. Un troisième corps, démembré et calciné, a été retrouvé quelques jours plus tard. Cette violence s’inscrit dans une lutte en profondeur contre les structures criminelles marseillaises.
Parmi les accusés figure Amine Oualane, 31 ans, chef présumé de la DZ Mafia. Son avocat indique qu’il souhaite évoquer directement Amine Kessaci pour exprimer sa profonde admiration et son empathie envers ce dernier, qui a lui-même subi une erreur d’identification dans un autre assassinat. Pourtant, le nom d’Oualane est également lié à l’enquête sur la mort de Mehdi, frère de Kessaci, tué par balle en novembre dernier — un jeune homme sans lien avec les réseaux de drogue.
Malgré ces complexités, Amine Kessaci n’a jamais cessé son engagement contre le trafic, même après des années d’efforts et de défis. Ce procès marque donc non seulement la fin d’un cycle d’humiliation mais aussi l’émergence d’une justice qui se construit à travers la persévérance et l’intelligence.