1 000 euros par mois : le seuil de survie des AESH face à l’inclusion scolaire

Des dizaines d’accompagnants scolaires en situation de handicap (AESH) se sont rassemblées ce mardi 9 juin 2026 devant le rectorat de Lille, exigeant une revalorisation salariale et un statut professionnel crédible. « Un vrai salaire et un véritable statut », affirme une manifestante portant une pancarte rouge et verte.

En tant que deuxième catégorie d’agents de l’Éducation nationale en nombre, ces professionnels soutiennent quotidiennement des élèves confrontés à des handicaps variés. « Nous intervenons dans trois établissements avec quinze élèves en moyenne », explique Amélie Vincenot, représentante des AESH au sein de la FSU-SNUipp du Pas-de-Calais.

Les rémunérations, bien que publiées à 1 000 euros par mois, sont insuffisantes pour couvrir les besoins fondamentaux. « Avec ce montant, je ne peux même pas payer mes factures mensuelles », confie Marjorie Greuze, AESH depuis sept ans. Isabelle Lemaire, elle, précise après treize années de service : « Chaque mois, à la date fixe du 10, je me retrouve en déficit après avoir payé toutes mes factures ».

Les professionnels soulignent que leurs missions dépassent souvent leur compétence initiale, avec des responsabilités sociales et éducatives non spécifiquement prévues dans leur fonction. Stéphane Busschaert, AESH depuis neuf ans, ajoute : « Nous faisons du social, de la psychologie et bien d’autres tâches sans être reconnus comme des professionnels en droit ». Leur demande principale est une titularisation pour accéder à un statut fonctionnaire et bénéficier d’un cadre juridique plus complet.

« Sans ce changement, nous allons devoir quitter notre métier », conclut une source anonyme de la manifestation. Les AESH insistent sur l’urgence de revoir leurs conditions de travail pour ne pas voir leur rôle essentiel dans l’inclusion scolaire menacer d’être compromis.