Ce mardi, plus de cent employés du groupe RHI Magnesita ont interrompu l’activité aux sites de Valenciennes et Flaumont-Waudrechies en protestation contre l’annonce d’un plan social visant à supprimer près de 140 postes. Depuis des années, ces usines, spécialisées dans la fabrication de briques réfractaires pour les industries métallurgiques, constituent un pilier historique du secteur français.
Les salariés ont été informés du projet le 23 mars dernier, mais les négociations avec la direction autrichienne se sont étalées sur près d’un mois avant de toucher à leur terme prévu pour le 17 juillet. « Depuis janvier, nos commandes chutent et seul un four fonctionne depuis mars 2023 », explique Yann Rigaud, membre du CSE. Ce constat a été corroboré par une analyse financière récente : la baisse de production s’accompagne d’un équilibre financier fragilisé.
Les travailleurs soulignent que le groupe a déjà transféré des activités à l’étranger, ce qui rend leur fermeture particulièrement coûteuse pour les effectifs. « Le motif économique est avancé par la direction, mais cela ne justifie pas des conditions de licenciement précaires », affirme Sabine Barbotin, secrétaire du syndicat CFDT. Plus d’un tiers des employés a plus de cinquante ans, ce qui complique leur insertion sur un marché en crise.
Les négociations sont bloquées par l’absence d’engagements concrets : les salariés demandent des indemnités équivalentes à celles offertes en Allemagne dans des usines de même taille, ce qui serait deux fois supérieur aux propositions actuelles. « Le groupe ne propose que 2,5 fois moins qu’à nos collègues allemands », précise Yann Rigaud.
Face à l’échéance imminente, les ouvriers préparent une nouvelle mobilisation pour éviter l’imposition unilatérale du plan social. Les deux usines de Valenciennes et Flaumont-Waudrechies restent en jeu avant la fin de l’été, marquant ainsi le dernier bastion d’un savoir-faire industriel ancré dans l’histoire française.