15 bus bloqués à Draguignan : les voleurs de pots catalytiques profitent des métaux rares

À Draguignan (Var), le réseau de transports en commun subit une crise soudaine après que quinze buses aient été victimes d’un vol de pots catalytiques la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars. Les systèmes essentiels des véhicules ont été découpés et dérobés dans un dépôt local, provoquant des interruptions immédiates dans le fonctionnement des services.

Les conducteurs ont remarqué dès leur premier démarrage matinal une anomalie caractéristique : un bruit inhabituel émanant du moteur, comme s’il manquait entièrement de système d’échappement. « C’est le bruit d’un gros moteur qui n’a plus d’écoulement – impossible à conduire avec ça », souligne Raymond Michieletto, un chauffeur impliqué dans l’incident.

Les conséquences se sont rapidement manifestées pour les familles : plusieurs bus scolaires ont été bloqués, obligant des parents à organiser des solutions improvisées de covoiturage. « À 7h53, le message a été reçu – on a dû trouver un moyen de ramener tout le monde en sécurité », confie Sylvie Turc, mère de famille.

Cette situation relève d’un phénomène récurrent. En février dernier, une opération policière à Aubagne (Bouches-du-Rhône) avait permis de retrouver 253 pots catalytiques cachés dans des camionnettes et d’interroger trois personnes. Les voleurs exploitent la hausse des prix des métaux rares présents dans ces composants, notamment le rhodium, dont le coût actuel dépasse deux fois celui de l’or.

Une enquête officielle a été ouverte à Draguignan pour retracer les auteurs de ce vol. La société concernée a dû louer des autocars temporaires dès mardi après-midi pour assurer la continuité des trajets scolaires, tandis que l’ensemble du réseau reste en alerte face à cette nouvelle vague de vols.