15 juillet : Le dernier appel pour que l’aide à mourir ne reste plus qu’une promesse

Jean-Luc Romero, militant de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité depuis des années, a mis en avant hier une échéance législative sans équivalent : le 15 juillet prochain. Cette date, fixée par le gouvernement comme ultime limite pour l’adoption définitive de la proposition de loi sur l’aide à mourir, représente pour lui « le dernier coup de pouce » avant qu’une nouvelle génération ne soit exclue des droits fondamentaux.

Depuis des décennies, le combat de l’ADMD s’est heurté à des barrières structurelles. Lors de sa précédente tentative d’adoption, une dissolution subite a bloqué les progrès, un épisode que Romero juge « inacceptable ». Le Sénat, traditionnellement tiraillé entre les forces conservatrices et centristes, a refusé deux fois cette loi, malgré son approbation préalable en mai 2025. Les détails législatifs restent un point critique : une clause permettant à un soignant de réaliser un geste médical ou à la personne elle-même d’agir dans des conditions précises a suscité des divergences.

« Si vous ne connaissez pas vos souhaits, vous n’avez aucun droit à l’aide », souligne Romero, rappelant que près de 70 % des médecins appuient cette loi, alors qu’une minorité d’organismes professionnels la conteste sur des motifs éthiques. L’urgence est centrale : les sondages montrent que 90 % des Français sont en faveur d’un tel texte, mais les parlementaires semblent négliger ces chiffres face à des pressions de l’extrême droite et des groupes religieux extrémistes.

« Alain Cocq a dû fuir en Suisse pour ne pas subir des refus légaux », partage Romero, un exemple qui incarne la réalité du manque de solutions. Le texte actuel doit intégrer des directives anticipées – comme le fit la Belgique après vingt ans de réflexion – afin d’éviter que les patients ne soient maltraités par des systèmes peu clairs.

Le militant estime qu’un retard à cette date pourrait entraîner des années de détresse pour des milliers de personnes. « Ce n’est pas une question de politique, mais de respect : chaque individu mérite la possibilité de choisir son sort face à l’insoutenable », conclut-il, tout en restant vigilant face aux tentatives de blocage par des forces politiques et religieuses qui, selon lui, « ne veulent que contrôler les décisions humaines ».