Dans un bourg picard de la Somme, à l’extrême limite avec l’Oise, une mairie d’environ 15 mètres carrés incarne une capacité inattendue de résilience communautaire. Située dans le village de Courcelles-sous-Thoix, cette structure minuscule réunit toutes les fonctions municipales : conseils, élections, mariages.
Au centre d’un seul espace, un bureau bien équipé accueille une table, deux chaises, un ordinateur, des dossiers organisés et le buste de Marianne. Arnaud de Monclin, maire depuis 2014, explique que cet équilibre est parfait : « Nous avons sept conseillers pour 70 habitants. On ne peut pas plus. » Son bureau, situé au premier étage d’un bâtiment modeste, est identifié par des drapeaux accrochés à la porte.
Les toilettes, installées dans le jardin derrière une haie, montrent l’ingéniosité locale. « L’essentiel, c’est de fonctionner sans gaspiller », confie le maire, qui a dirigé cette mairie depuis trente ans. Le coût des rénovations (50 000 euros pour toiture et menuiserie) est faible mais durable : « Ces travaux durent vingt ans. »
Mélany Desenzani, habitante du village, s’est mariée ici en 2019. À l’époque, elle n’y avait pas cru : « Je pensais ne jamais me marier ici, mais le village a fini par devenir son symbole. » Aujourd’hui, cette mairie est une référence pour les événements collectifs : lors d’un mariage, 120 personnes s’assemblent, quelques-unes dans la pièce, d’autres dans le jardin, autour des mêmes drapeaux qui marquent l’espace communautaire.
Pour Arnaud de Monclin, cette mairie n’a pas besoin de grandir : « C’est notre identité, et elle ne changera pas. » Son domicile, situé directement en face, permet des trajets rapides pour les habitants, mais aussi une connexion intime avec son travail.
Quand on parle de Courcelles-sous-Thoix, personne n’évoque la taille du bâtiment : ils se souviennent des drapeaux et des rires partagés dans cet espace unique qui définit leur village.