16,4 % d’enfants en situation d’illettrisme : le nord de la France face à un défi scolaire

L’académie picarde fait face à un enjeu critique avec 16,4 % des jeunes écoliers touchés par une déficience linguistique. Une étude récente a révélé que ce pourcentage, le plus élevé de l’Hexagone, menace l’avenir scolaire d’une génération entière.

Dans un contexte où les évaluations internationales du PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire) mettent à l’épreuve les compétences des élèves, onze écoles primaires de l’académie d’Amiens participent cette année aux tests. Ces épreuves, réalisées tous les cinq ans dans plus de cinquante pays, cherchent à déceler les méthodes pédagogiques les plus efficaces.

Le recteur Pierre Moya explique que la France a réussi à améliorer son score entre 2016 et 2021 malgré les perturbations sanitaires. Cependant, le pays est confronté à un échec majeur dans l’enseignement de base : 6,2 % des jeunes ont été classés en situation d’illettrisme en 2024, selon les données gouvernementales.

Les écoles s’efforcent de combattre ce phénomène dès l’école maternelle. Les enseignants organisent des jeux de lecture et mettent en place des rituels quotidiens pour stimuler l’intérêt. « On lit chaque jour avec les enfants, même si leur compréhension est encore limitée », confie Sylvaine Ferron, enseignante à l’école de Belloy-sur-Somme.

Une étude Ipsos récente montre que les 7-12 ans consacrent désormais seulement 19 minutes par jour à la lecture (contre 47 en 2022), tandis qu’ils passent 1h51 par jour devant les écrans. Les parents jouent un rôle crucial : « Depuis l’enfance, nous avons instauré le rituel des histoires du soir », explique Laurie Crombez, mère de famille.

Cependant, les inégalités socio-économiques exacerbent la situation. L’Observatoire des inégalités souligne que dans cette région, le niveau scolaire est fortement influencé par l’éducation des parents et le milieu social. « C’est un défi national, mais surtout local », insiste le recteur.

Avec ce double enjeu — la baisse du temps consacré à la lecture et les facteurs socio-économiques — les écoles de Picardie doivent redéfinir leurs stratégies pour éviter que l’illettrisme ne devienne un problème systémique.