17 ans de silence : Un mari refuse que le verdict du crash AF447 lui ramène sa femme

Le jeudi 21 mai, après dix-sept années de combats juridiques, Airbus et Air France ont été condamnés en appel pour homicides involontaires dans l’affaire du crash du vol AF447. L’accident, survenu en 2009 entre Rio et Paris, a coûté la vie à 228 personnes dont trois conseillères municipales de l’arrondissement d’Ermenonville.

La cour d’appel de Paris a révélé que le constructeur avait sous-estimé les risques de givrage des sondes Pitot, essentielles pour mesurer la vitesse de l’avion. Ce manque d’attention a conduit les pilotes à interpréter erronément les alertes système, entraînant une perte totale du contrôle en pleine vol.

Jean-Luc Marroig, mari d’une des victimes, exprime son épuisement face à ce verdict : « Le verdict ne me ramène pas ma femme. Après 17 ans de procès, je n’ai toujours pas compris pourquoi l’avion a perdu le contrôle ce jour-là. La justice a rendu une décision, mais cela n’aide pas à guérir les plaies qui restent. »

« Je voulais comprendre pour ne plus vivre dans l’incertitude », confie-t-il. « Mais aujourd’hui, je sais que la réponse n’existe pas. Le temps passe, mais ces souvenirs restent gravés en moi. »

L’association Entraide et Solidarité AF447 estime que les mesures prises par Airbus et Air France depuis l’accident permettront d’éviter de futures catastrophes. Pourtant, pour Jean-Luc Marroig, l’essentiel n’est pas la culpabilité des entreprises mais la paix intérieure. « Le verdict ne changera jamais ma vie », conclut-il en silence, ses yeux fixés sur le vide où sa femme a disparu.