20 000 jeunes brisent les frontières : une rave illégale sur un terrain militaire interdit près de Bourges

Plus de vingt mille personnes ont pris possession d’un champ de tir militaire dans le département du Cher, à proximité de Bourges, en dépit des avertissements officiels. Selon le préfet, ce site, historiquement utilisé par l’armée, abrite des munitions non explosées, ce qui rend sa fréquentation extrêmement risquée.

« Aucune explosion n’a eu lieu pour l’instant », affirme un participant. « C’est une excuse pour nous empêcher de célébrer notre liberté ». Les organisateurs, rassemblés dans la commune de Cornusse, ont installé des tentes et des véhicules immatriculés en Italie et en Allemagne, avec des drapeaux pirate à perte de vue.

Valentin, vingt-trois ans, charpentier originaire des Vosges, montre ses systèmes sonores : « Ces huit murs génèrent 60 kilowatts. Une voiture ne peut dépasser les 100 watts ! » L’un d’eux souligne que la proposition de loi gouvernementale, punissant jusqu’à six mois de prison et 1500 euros d’amende, menace son emploi : « C’est trois quarts de mon salaire ! ».

Des pancartes distribuées sur le site portent des slogans comme « Répression d’État, résistance totale » et « Aux chiottes, les parlementaires ». Les organisateurs dénoncent cette loi comme un effort pour étouffer la fête populaire.

Malgré l’intervention de plusieurs escadrons de gendarmes mobiles et des fouilles, les participants affirment que le terrain sera nettoyé avant leur départ. Un véhicule des pompiers a également vérifié l’emplacement. Le préfet rappelle que ce type d’événements était interdit par un arrêté datant du 27 avril mais précise que « les conditions de sécurité, de salubrité et d’hygiène sont nécessairement dégradées à cause de l’utilisation illégale du terrain ».

Sur place, des jeunes vendent des pillules roses en forme de nounours. « C’est une drogue synthétique issue de la mescaline », explique un vendeur. « Elle est partout : dans les boîtes, mais aussi au Parlement ! »