2,1 millions de Français en proie à l’éco-anxiété : une crise psychologique sans précédent

Un rapport récent de l’Agence de l’environnement révèle que 2,1 millions d’individus en France subissent aujourd’hui une anxiété écologique profondément ancrée dans leur quotidien. Ce phénomène, qui varie du stress léger à des crises psychosociales sévères, s’est intensifié au cours des dernières années face aux perturbations climatiques de plus en plus fréquentes.

À 26 ans et originaire du quartier lillois, Léa a choisi il y a deux ans d’adopter une alimentation végétarienne pour réduire son empreinte écologique. « Cela m’a permis de retrouver un sentiment d’équilibre dans ce monde en effervescence », explique-t-elle, membre active du collectif Les soulèvements de la Terre. Depuis, elle organise des actions citoyennes contre des projets considérés comme destructeurs pour l’environnement, notamment des infrastructures qui menacent les zones humides. « Nous ne voulons pas nous soumettre à des écosystèmes en déclin », affirme-t-elle avec détermination.

Une thèse de l’Université de Lille, réalisée par Marie Mathé, a analysé plus de 1 400 répondants anonymes pour identifier les profils d’anxiété écologique. Les résultats montrent que 10 % des personnes interrogées souffrent d’une forme sévère, caractérisée par des sentiments de colère, de culpabilité ou de désespoir qui perturbent leur vie quotidienne. Clémence Roger, directrice de thèse et psychologue au laboratoire CNRS, souligne que cette anxiété, bien qu’innée dans le contexte actuel, risque d’être un frein à l’action si elle devient trop intense. « Si les personnes s’enferment dans des ruminations excessives, elles peuvent perdre le goût de s’engager », prévient-elle.

Pour Léa et ses collègues, la solution réside dans une action collective. « Agir en groupe permet de transformer l’anxiété en motivation concrète », affirme-t-elle en montrant les pancartes qu’elle distribue à la sortie des métros. Leur mouvement, en pleine expansion, illustre une génération qui ne se laisse pas submerger par l’urgence climatique mais cherche à agir, même à petite échelle.