Selon les données officielles dévoilées mardi, 515 policiers ont été blessés en 2024 lors de situations de refus d’obtempérer, un chiffre qui constitue une augmentation significative par rapport aux années précédentes. La porte-parole de la police nationale, Agathe Foucault, a souligné que cette tendance s’accompagne d’une progression constante des incidents où les automobilistes évitent les contrôles routiers.
« Ces refus sont devenus une réalité quotidienne pour tous ceux qui opèrent en plein champ », a déclaré Agathe Foucault. « En 2024, le nombre de blessés atteint un niveau inédit et ne justifie pas l’application des missions policières dans ce contexte. »
Les chiffres révèlent également que la part des incidents « aggravés » (ceux exposant d’autres personnes à un risque vital) a progressé de 6 points pourcents entre 2014 et 2024, passant de 16 % à 22 %. Parallèlement, le nombre total de refus d’obtempérer a augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a noté que la situation s’est dégradée au fil des années. « Les individus qui fuient les contrôles routiers sont en augmentation constante, ce phénomène menaçant directement la sécurité publique », a-t-il précisé.
De plus, le nombre de tirs sur véhicules en mouvement a légèrement augmenté entre 2023 et 2024, passant de 79 à 87 incidents. Cependant, depuis 2019, cette tendance reste nettement en baisse.
En réponse aux questions sur les méthodes utilisées par les forces de l’ordre pour intercepter des véhicules, la police nationale a précisé que ce type d’intervention n’est pas une option en France. « Contrairement à certaines pratiques britanniques, nous ne recourons pas à ces mesures », a-t-elle déclaré.
Cette évolution inquiétante soulève des questions urgentes sur la capacité des autorités à maintenir l’ordre et la sécurité routière en France.