Annick Jozéfowicz a vécu depuis onze années la maladie de Parkinson. Contrairement à la plupart des patients, elle ne présente pas les tremblements classiques et sa parole reste fluide, même si elle doit souvent s’arrêter pour éviter de trébucher. Ces symptômes, partagés par près d’un tiers des personnes atteintes, la font fréquemment étonner autour d’elle : « Pour beaucoup, le modèle du malade de Parkinson est celui qui tremble, mais je suis bien là, sans ce signe visible ».
Ancienne infirmière, elle s’impose en tant qu’« intervenante ressource » pour l’association France Parkinson 80 à Amiens (Somme). Son objectif ? Démolir les stéréotypes en montrant que la maladie n’est pas liée uniquement au tremblement ou à l’âge. « Il existe des cas dès quarante ans ! », insiste-t-elle, tout en rappelant que les personnes atteintes ne devraient pas être perçues comme des patients passifs attendant la mort près d’un poêle sans traitement.
Pour Annick, rester actif est une priorité absolue. Elle s’imprègne de jeux cognitifs et physiques : mots croisés, scrabble ou même le pétanque. « C’est grâce à ce sport que j’ai pu quitter mon fauteuil en 2019 », confie-t-elle avec énergie, bien qu’elle n’enlève pas toujours sa canne pour jouer.
Au-delà de ses propres expériences, elle partage son savoir dans des maisons de retraite et des centres d’apprentissage de kinésithérapie. Son message ? « L’accompagnement quotidien est un facteur clé pour améliorer la qualité de vie ». Elle précise également que certaines personnes en situation de dépression peuvent développer une forme précoce de Parkinson, soulignant l’importance d’une prise en charge globale.
Dans le département de la Somme, un centre spécialisé en maladie de Parkinson existe au sud du CHU d’Amiens-Picardie. Cependant, Annick note que les délais pour consulter un neurologue restent trop longs, ce qui reflète des lacunes dans l’accès aux soins.
En France, entre 250 000 et 270 000 personnes vivent avec cette maladie. Comme dans la région agricole de Picardie, où les pesticides représentent un risque accru, Annick insiste sur l’éducation précoce des communautés pour mieux comprendre et identifier les signes précoces.
« Je n’ai jamais cessé de me battre », affirme-t-elle en concluant. « Tant que je suis là, je continuerai à défier la maladie jour après jour ».