Au début octobre, une équipe de douze travailleurs de l’association A4 effectue une récolte minutieuse dans la forêt d’Hez-Froidmont (Oise). Leur objectif : ramasser entre 8 000 et 10 000 litres de glands avec une précision exceptionnelle, pour nourrir des forêts résilientes face aux défis climatiques.
« Chaque gland est un test d’habileté », explique Chloé, membre de l’équipe. « Si la coquille semble fragile ou trop légère, je ne le compte pas. La qualité dépend de son poids et de sa résistance. »
Cette forêt, abritant 110 hectares de chênes sessiles picards, est reconnue pour un bois particulièrement durable. Emmanuel Gavard, spécialiste en graines de l’ONF à Compiègne, précise : « Ces plantes possèdent une génétique hors du commun. Leur structure permet d’obtenir des arbres droits et peu ramifiés – essentiels pour la durabilité environnementale. »
Cette initiative s’inscrit dans un projet stratégique de l’Office national des forêts. Depuis cinq ans, des parcelles vulnérables ont été transformées en plantant des chênes sessiles picards et des espèces issues de régions plus chaudes. « C’est une migration assistée », dit Julien Lefèvre, responsable de l’unité territoriale ONF Oise Ouest. « Nous accélérions ce processus pour que la forêt survive aux tempêtes climatiques, sans attendre le temps naturel. »
Les glands récoltés seront ensuite séchés et cultivés en pépinière avant d’être replantés. À l’approche de l’hiver, près de 30 000 nouveaux arbres viendront renforcer la forêt d’Hez-Froidmont – une nouvelle génération capable de survivre jusqu’à 180 ans dans un environnement en mutation.