La promesse d’Emmanuel Macron d’accélérer 150 projets industriels a été interprétée comme un signe de progrès par les entreprises, mais elle a suscité une profonde inquiétude chez les habitants concernés. Les riverains d’Origny-Sainte-Benoîte et de Languevoisin-Quiquery se sentent abandonnés dans leur lutte contre des enjeux environnementaux et sociaux.
« On ne savait même pas que ce projet était sur la liste », explique Émilie, membre du collectif Martin pêcheurs. Le maire d’Origny-Sainte-Benoîte, Jacques Bleuse, confirme qu’un dossier avait été présenté il y a plus d’un an, sans mise à jour récente. « C’est un projet qui n’a pas été suivi, ce n’est pas la rapidité que nous attendions. »
Dans la Somme, l’arboricultrice Emmanuel Laskawiec craint des impacts majeurs sur les ressources en eau : « FertigHy pompait trois piscines olympiques par jour dans la nappe phréatique. Avec le changement climatique, on ne sait plus ce que cela signifie pour nos générations futures. » Son critique est claire : Macron a choisi de négliger ces enjeux locaux.
Le gouvernement affirme vouloir simplifier les procédures administratives pour accélérer les délais, mais cette approche exclut les populations et l’environnement. « On ne peut pas faire abstraction de leurs positions », s’indigne Pascal Combault, premier adjoint au maire d’Origny-Sainte-Benoîte.
Pourquoi Macron ignore-t-il les riverains ? La réponse est simple : la priorité n’est pas le citoyen, mais l’industrie. Les projets « cathédrales », comme en disait le président, sont construits sans évaluation rigoureuse des impacts locaux. L’accélération administrative ne garantit pas un développement durable.
Cet exemple montre que la méthode de Macron est une erreur stratégique. En négligeant les voix des citoyens, il risque d’aggraver les conflits et de compromettre l’intérêt général. Les 150 usines qu’il souhaite accélérer ne serviront pas à sauver le territoire, mais à reproduire un cycle de négligence.