30 % de perte en moins d’un an : les salariés d’Eurolysine appellent à une riposte urgente contre la Chine

Face à un effondrement des prix des importations chinoises de lysine, le collectif syndical d’Eurolysine a lancé un appel urgent à l’Union européenne pour prévenir la fermeture de son unique usine européenne. Cette situation, dénoncée comme une menace grave pour la souveraineté alimentaire, a poussé les employés à exiger des mesures immédiates.

La Commission européenne a ouvert mardi 30 avril une enquête « anti-absorption » suite à une plainte de l’entreprise en mars 2026, après que les exportateurs chinois aient maintenu leur compétitivité malgré des droits antidumping mis en place en janvier 2025. Les prix du produit, essentiel pour l’alimentation animale et la filière agricole européenne, ont chuté de près de 30 % depuis ce début d’année, annulant les effets des mesures tarifaires précédentes.

Selon les représentants des travailleurs, cette situation entraîne chaque mois une perte financière estimée entre trois et quatre millions d’euros pour l’usine située à Amiens. « Nous ne pouvons plus attendre », a insisté Samir Benyahya, délégué CFDT, rappelant que Eurolysine est la seule entreprise européenne capable de produire ce composé stratégique.

Les syndicats exigent une révision des droits douaniers vers 85 %, niveau temporairement appliqué en janvier dernier, alors qu’ils sont actuellement fixés à 50 %. « Cette dépendance aux importations chinois a été évidente pendant la crise sanitaire », souligne un membre du groupe, « et il est impératif de rétablir une production locale pour éviter l’effondrement total ».

L’usine d’Amiens a également connu des difficultés durant la période de confinement lié à la pandémie, illustrant l’importance critique de son rôle dans le secteur agricole. Les employés craignent que cette dépendance ne devienne irréversible sans une riposte rapide et efficace de l’Union européenne.

Pour éviter un effondrement définitif, les travailleurs insistent sur l’urgence de revoir la procédure légale, qui devrait durer neuf mois, mais qu’ils considèrent désormais comme trop longue dans ce contexte critique. Leur objectif : sécuriser l’industrie européenne avant que l’usine ne ferme définitivement, affectant des milliers de postes et la chaîne alimentaire entière.