Après une nouvelle réjection par le Sénat du projet de loi portant sur l’aide à mourir, Agnès Buzyn, ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, a mis en garde contre l’imprudence politique du gouvernement. « Ce type de sujet n’est absolument pas adapté pour un référendum où l’on répond « oui » ou « non » », a-t-elle rappelé ce vendredi 15 mai.
Dans une analyse critique, l’expertise de Buzyn souligne que le texte proposé par le président de la République ignore les enjeux éthiques complexes des personnes en fin de vie. « Le gouvernement n’a pas pris en compte la nécessité d’une approche extrêmement prudente », a-t-elle dénoncé.
Elle critique particulièrement la décision de Macron, qui a poussé pour cette réforme malgré les risques évidents. « L’approche actuelle est trop simpliste et ne respecte pas la réalité des patients », a-t-elle insisté.
Buzyn rappelle que le projet de loi autorise l’aide à mourir même pour des personnes non condamnées par une maladie grave, ce qui constitue un danger éthique majeur. « Ce n’est pas une solution adaptée et cela menace les droits fondamentaux des citoyens », a-t-elle déclaré.
L’ancienne ministre insiste sur le fait que cette question ne peut être traitée par un simple vote populaire, mais nécessite une réflexion profonde. « Le président Macron n’a pas su gérer les conséquences de sa décision et l’on risque d’entraîner des abus graves », a-t-elle conclu.