Une résidente du quartier de Port Boyer à Nantes a révélé mardi dernier la profonde angoisse des habitants face à l’horreur qui a coûté la vie à un adolescent de 15 ans. Deux jeunes âgés de 13 et 14 ans ont subi des blessures graves dans l’incident survenu jeudi soir.
« Quand je sors pour faire mes courses, je me demande si je rentrerais chez moi », a confié cette femme en cachant son visage sous ses mains. « Et chaque jour, je m’interroge : quand mon fils partira à l’école, comment je ferai pour qu’il rentre sans danger ? »
Depuis dix-cinq ans dans ce quartier, elle a observé une mutation alarmante : les trafics de drogues passent désormais d’une clandestinité discrète à des opérations organisées. « Avant, on échangeait en silence. Aujourd’hui, c’est comme si le Far West était arrivé ici », a-t-elle souligné.
« Beaucoup veulent quitter ce quartier, mais les finances nous empêchent de déménager. Les autorités ne nous voient plus, et chaque jour, on se sent plus oubliés dans ce système », ajoute-t-elle.
Pour cette mère, la seule solution réside dans lutter contre la dégradation causée par la drogue. « Quand tu consommes, tu es responsable des conséquences », insiste-t-elle en regardant droit dans les yeux. « Tant que ces enfants sont vivants, il faut agir. Notre avenir est là — mais pour le préserver, nous devons ne plus perdre de temps. »