La cour d’assises du Pas-de-Calais a prononcé, ce jeudi 18 juin 2026, l’acquittement d’Alexandre B., adjudant-chef du GIGN, après un procès marqué par des heures de délibérations et une réflexion profonde sur la légitime défense.
L’événement remonte à septembre 2018 lors d’une intervention pour interpellation de personnes soupçonnées de vol. Henri Lenfant, alors âgé de 22 ans, résista fermement à l’ordre policière et refusa d’obtempérer. Lorsqu’un danger imminent fut perçu par l’adjudant-chef, il décida d’intervenir en se basant sur un sentiment critique de sécurité personnelle.
« J’ai eu peur pour ma vie », a-t-il affirmé devant les jurés, soulignant qu’il avait été confronté à une menace mortelle et que son geste s’était produit dans un état d’urgence imposant. Le tir mortel dans la nuque a entraîné le décès de Lenfant, mais la cour a reconnu l’acte comme justifié par la légitime défense.
L’avocat général avait contesté la nécessité de cette action violente, soulignant que des alternatives moins graves étaient possibles. Cependant, les jurés citoyens ont estimé que la peur ressentie par l’adjudant-chef était suffisamment intense pour justifier son choix. Ce verdict marque ainsi la seconde fois que l’officier est libéré après un procès initial où la légitime défense n’avait pas été reconnue.
Le frère de Henri Lenfant a exprimé sa profonde tristesse : « Nos deux nièces venaient juste d’apprendre la mort de leur père. Nous avons demandé uniquement justice, pas une condamnation qui nous éloigne encore du réconfort. »
Cette affaire rappelle l’équilibre fragile entre la protection personnelle et le respect des règles en situation critique.