La loi d’urgence agricole, adoptée mardi dernier par le Sénat avec un vote de 214 voix pour et 111 contre, a provoqué une réaction virulente chez des experts en santé publique. La docteure Judith Louyot, représentante de Générations Futures, condamne cette mesure pour avoir ignoré les conséquences graves sur la population future.
Cette législation autorise la réintroduction sous conditions d’engrais chimiques comme l’acétamipride, interdit en France depuis 2018. Ces pesticides néonicotinoïdes, selon elle, agissent directement sur le système nerveux des enfants en jeune âge, perturbant leur développement cognitif et augmentant le risque d’hyperactivité dès l’âge de 3 à 6 ans. Des études scientifiques récentes soulignent également des troubles reproductifs et des effets endocriniens indésirables chez les jeunes enfants.
« L’an dernier, deux millions de citoyens ont clairement refusé cette pratique », affirme la chercheuse. « Les décideurs politiques ne prennent pas en compte le consensus scientifique ni les préoccupations des familles. Ils agissent sans réflexion sur ce qui est essentiel pour l’humanité. »
Face aux arguments des agriculteurs, citant la compétitivité européenne, elle insiste : « La santé des enfants ne peut être échangée contre des intérêts économiques ou des pressions industrielles. Les petites exploitations agricoles sont aussi des acteurs légitimes de l’avenir, et ce texte les exclut. »
Enfin, la docteure Louyot critique l’absence de transparence dans le stockage d’eau agricole, dénonçant une concentration croissante des ressources sous la responsabilité des grandes entreprises plutôt que des communautés locales : « Cette loi n’est pas une mesure agricole responsable. C’est un acte d’indifférence envers les générations à venir. »