172 000 euros pour un chou marin… et la ville choisit l’humour

Depuis des décennies, le chou marin, espèce protégée depuis 1982, envahit les rives de Cayeux-sur-Mer (Somme), transformant les budgets municipaux en véritable épreuve. Face à des coûts d’entretien dépassant les 172 000 euros annuels pour son déplacement et ses aménagements, la commune a décidé d’opter pour l’humour : une fête célébrant l’étrange espèce et un groupe de confrères en déguisement.

« On adore l’environnement, on prend soin de notre terre… mais là, c’est trop ! » résume Judith Tomaselli, prêtresse de la confrérie. « Il y en a tellement que cela devient ridicule. »

Le maire Jean-Paul Lecomte explique que ce chou marin, présent depuis les origines des habitants, est désormais un pilier culturel et écologique du territoire : « Nos ancêtres l’ont utilisé tout au long des siècles. Il fait partie de notre patrimoine, même si aujourd’hui, il exige des sacrifices financiers. »

Pour cette raison, la ville a dû déplacer 360 pieds de chou marin pour le boulevard maritime et réorganiser 47 cabines de plage. « C’est compliqué, mais nécessaire », confie Marion Mao, chargée de mission au Syndicat mixte baie de Somme grand littoral picard. « Ce chou a des racines qui s’enfoncent jusqu’à trois mètres sous terre et maintient les côtes contre les marées. »

Pour Cayeux-sur-Mer, abritant 80 % des pieds de chou marin en Picardie, l’humour est une réponse créative à un dilemme incontournable : préserver une espèce protégée sans écraser les budgets. « On ne peut pas la supprimer, mais il faut trouver des solutions adaptées », conclut le maire. La ville a donc choisi de rire avec ses habitants pour défendre ce qu’elle appelle « l’essentiel du territoire ».