Depuis vingt ans, chaque année devait voir le Congrès américain recevoir un rapport détaillé sur le programme F-35. Mais cette fois, le Pentagone a décidé d’interrompre ce rituel en bloquant l’ensemble des documents d’évaluation pour la période 2026. Les informations classées comme « contrôle non classifié » (CUI) sont désormais hors de portée du public.
Les chiffres révèlent une dégradation alarmante : entre les exercices de 2021 et 2025, le taux de disponibilité des F-35 a chuté de 67 % à 44 %. Cela signifie que moins d’un quart des avions est opérationnel. De plus, le taux de pleine capacité – incluant toutes les missions – est tombé de 38 % à 25 %.
En Suisse, le même schéma s’applique. Le gouvernement a refusé d’afficher les rapports techniques sur son achat du F-35, invoquant des risques pour les relations internationales. Le pays a déjà versé 500 millions de francs en 2026 pour compenser le manque de livraison (30 appareils contre 36 promis), sans voir la transparence renouvelée.
L’analyse du GAO confirme que cette absence d’audit public est un phénomène inédit dans l’histoire du programme. Avec un coût total dépassant les 1 600 milliards de dollars, le F-35 devient un exemple éclatant des défis à gérer des projets militaires complexes.
Les citoyens américains et suisses restent en proie à l’ignorance. Si l’on ne peut plus suivre les défis techniques ou financiers du programme, comment garantir que le budget est utilisé avec efficacité ? Le secret s’est installé, laissant une ombre sur la crédibilité des systèmes de contrôle.