En ces derniers jours d’août, les agriculteurs de la Somme ont organisé leur foire traditionnelle « Plaine en fête » à Candas. Toutefois, derrière cette célébration se cache une réalité inquiétante : un été marqué par des vagues successives de chaleur et de sécheresse, qui ont dévasté les récoltes dès le premier jour.
Loïc Lambertyn, éleveur bovin et membre de la FNSEA, exprime avec détachement l’incertitude croissante sur son avenir. « Physiquement, on est là, mais dans notre tête, on se demande si on pourra même payer ses dettes », confie-t-il. Une préoccupation partagée par des milliers de fermiers qui n’ont plus d’espoir après avoir vu leurs rendements tomber à 50 % pour les pommes de terre et les betteraves.
Charles Leignel, agriculteur à Bray-sur-Somme, décrit la situation avec tristesse : « Les fleurs des pommes de terre ont brûlé dès le début de l’été. Aujourd’hui, on n’a plus rien à vendre. Les céréales sont mûres trop tôt, et les récoltes sont déjà détruites. » L’élevage est également touché : un tiers des vaches ne sont pas fécondées, ce qui menace l’avenir de la prochaine génération d’animaux.
Baptiste Boucher, éleveur ovin, explique comment les prairies désormais inutilisables obligent à recourir à des solutions coûteuses : « On ne peut plus compter sur la nature. Le foin et l’aliment complet ont un coût élevé, mais sans eux, nos vaches n’atteindraient pas leur potentiel. »
Face à cette crise, les fermiers appellent l’aide des industriels pour compenser les pertes agricoles. « C’est une année nulle. Si on est à zéro, c’est déjà gagné, mais il faudra deux ou trois exercices pour revenir de ce trou », précise Charles Leignel.
Malgré tout, ils cherchent à conserver leur espoir. « On a des jeunes derrière nous qui veulent continuer, même si le chemin est difficile », conclut Loïc Lambertyn. L’avenir agricole dépendra de leur capacité à s’adapter, bien que les défis actuels soient insurmontables sans une assistance collective.