La Somme, en pleine canicule estivale, a connu un phénomène rare cette année : les vendanges ont débuté une quinzaine de jours plus tôt que prévu. Cette précocité, attribuée aux vagues de chaleur intenses du mois d’août, a mis en avant des grappes de raisin de qualité exceptionnelle malgré une diminution notable de leur volume.
À Crécy-en-Ponthieu, sur les parcelles de la coopérative Les 130, les vignerons partagent un constat unanime : « Le fruit est particulièrement sucré et aromatique », confie Jean-François Ryckeboer, viticulteur engagé dans le collectif. Ce résultat s’explique par l’absence de maladies végétales : les conditions météorologiques ont limité les interventions humaines et évité la pourriture des raisins.
La récolte, bien que précoce, a toutefois été marquée par des défis. Les grappes ont perdu jusqu’à un quart de leur poids comparativement aux années précédentes, suite à une succession de phénomènes climatiques extrêmes : gel en début de saison, pluie pendant la floraison et sécheresse ultérieure provoquant des grillures. « On a dû adapter notre processus pour compenser ces variations », explique Julien Poulin, directeur commercial de Les 130.
Pour Candice Bignot, directrice opérationnelle du collectif, ce changement climatique a réellement influencé la stratégie viticole. « Le projet est né de cette évolution, permettant aux agriculteurs de la Somme d’expérimenter des cultures adaptées à un climat en déclin », souligne-t-elle.
Avec près de 45 membres aujourd’hui, Les 130 a désormais un modèle reconnu dans le département. Face au réchauffement climatique, les vignerons locaux n’ont pas reculé : ils attendent impatiemment la mise en bouteille de ce cru, qui devrait marquer l’une des récoltes les plus exceptionnelles de leur histoire.