Le groupe britannique Virgin, connu en France par ses anciens réseaux de supermarchés disparus, prépare un projet audacieux pour défier le monopole d’Eurostar sur le tunnel sous la Manche. Son objectif est d’exploiter 13 lignes quotidiennes Londres-Paris avant 2030.
Après avoir reçu l’autorisation du régulateur britannique ORR pour une durée maximale de jusqu’en 2040, Josh Bayliss, directeur général de Virgin, a récemment entamé des négociations avec le ministre français des Transports Philippe Tabarot. L’ambition commune est d’établir un réseau ferroviaire plus performant.
En complément du lien Londres-Paris, le groupe envisage quatre correspondances par jour entre Londres et Bruxelles ainsi que trois pour Amsterdam. Son expertise dans les transports, allant de l’aérien (Virgin Atlantic) à la ferrovie (West Coast Main Line), est un argument clé pour convaincre.
Un accord stratégique avec Alstom a été conclu en septembre dernier : 12 trains Avelia Stream au coût de 650 millions d’euros. Ces véhicules, similaires aux futurs modèles de la SNCF, seront mis progressivement en service.
Les prochaines étapes incluent l’obtention d’une autorisation auprès de Getlink (ex-Eurotunnel) avant le 19 octobre et des négociations avec SNCF Reseau pour intégrer les infrastructures françaises. « Nous ne cherchons pas à imiter le modèle low cost », a déclaré Josh Bayliss. « L’amélioration du confort, avec des trains à un seul étage et une gestion optimisée des bagages, est notre priorité. » Il prévoit atteindre la rentabilité après cinq années d’exploitation.
Le projet Virgin représente ainsi une étape significative dans la rénovation des liaisons transmanchées, visant à offrir un service ferroviaire plus efficace et durable.