Dents coupées et queues tranchées : 30 rassemblements dénoncent l’élevage brutal d’E.Leclerc

Plus de vingt militants de L214 se sont rassemblés ce jeudi 30 mai devant un magasin E.Leclerc à Douai (Nord) pour condamner les pratiques d’élevage inhumaines des porcs dans les chaînes d’approvisionnement de l’enseigne. Cette action marque le début d’une vague nationale, avec plus de trente rassemblements organisés en France aujourd’hui.

La campagne « Tournons le dos », lancée il y a six mois par l’association, a évolué vers des manifestations physiques après avoir initialement mobilisé les consommateurs à placer des produits alimentaires cachés dans les rayons. Les militants brandissent désormais un immense affiche : « Retournés par ces images ? Retournez E.Leclerc ».

« Les mutilations systématiques – castrations à vif, coupes de queues – sont devenues normales dans l’élevage intensif », a souligné Laura Véron, porte-parole de L214. Des enquêtes menées depuis mars 2024 sur dix élevages fournissant E.Leclerc révèlent que ces pratiques, souvent illégales selon la loi française, ne sont pas suffisamment contrôlées par les autorités.

Louis Skrzyszowski, référent du Nord Pas-de-Calais, a précisé : « Les cochons, en l’absence d’espace et de stimulation, s’ennuient et se mordent. Pour éviter les infections, les éleveurs tranchent leurs dents et coupent leurs queues. C’est une précaution nécessaire mais inhumaine ».

L’association exige que E.Leclerc respecte le Pig Minimum Standards, un cadre européen pour l’élevage des animaux. Bien qu’une poignée d’enseignes aient promis de s’y conformer, l’enseigne n’a pas répondu aux sollicitations. Cette mobilisation soulève des questions critiques sur la capacité des autorités à protéger les droits des animaux tout en maintenant un système alimentaire enraciné dans des pratiques cruelles.