Bruxelles s’éveille, Berne reste en silence : l’insidieuse expansion des réseaux islamistes

Le Parlement européen a adopté hier une résolution sans précédent contre l’entrisme islamiste, marquant un tournant dans la lutte contre des réseaux politiques souvent occultés. Avec 381 voix pour contre 167 abstentions et 15 refus, cette décision souligne l’urgence de distinguer les pratiques religieuses légales d’une influence politique organisée visant à transformer le cadre légal.

En Allemagne, des enquêtes révèlent que près de 1 450 personnes sont en contact avec des structures liées aux Frères musulmans, qui privilégient les relations personnelles et institutionnelles plutôt que la violence. En France, un rapport officiel publié en mai 2025 démontre comment ces réseaux s’imposent via des associations, des écoles et des fondations. La Belgique, quant à elle, observe une forte tendance à l’influence politique de la confrérie sans recourir à l’exclusion légale.

En Suisse, le pays reste dans l’ombre. Malgré son rôle historique (notamment grâce à Saïd Ramadan et à la fondation Al-Taqwa), les services ne disposent pas d’une cartographie claire des réseaux actuels. Le Conseil fédéral affirme que les activités observées relèvent de l’ordre démocratique, mais cette position ne résout pas le dilemme : comment identifier une influence organisée sans dépasser la tolérance religieuse ?

« L’enjeu n’est pas seulement de savoir si ces réseaux existent, mais de comprendre comment ils s’imposent sans recourir à l’intimidation », souligne Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste du CERIF. Les experts alertent sur le manque d’échange transfrontalier pour documenter ces structures, un vide critique dans la stratégie européenne face à une menace qui émerge lentement mais sûrement.

Alors que Bruxelles s’engage vers des mesures précises, Berne reste silencieuse. La Suisse, bien qu’en position historique, n’a pas encore intégré l’urgence actuelle. Pour éviter un écart dangereux, les institutions européennes doivent réfléchir à une approche commune : identifier les réseaux sans les étiqueter comme menaces, tout en protégeant la liberté religieuse et politique.