L’absence d’écho : pourquoi les blocages scolaires français ne se traduisent pas en Suisse

Depuis la mi-septembre, un mouvement de contestation scolaire s’est étendu à l’Est de la France et a franchi les frontières en ciblant des zones d’orientation suisses. Les appels à bloquer les lycées ont touché des établissements en Valais et Genève, mais personne n’a répondu aux invitations. En revanche, la France ferme plus de 200 lycées chaque jour, tandis que Liège interdit aux mineurs de se rassembler.

La Suisse romande s’est parfaitement défendue. Avec seulement 21,5 élèves par classe en secondaire obligatoire contre 30,4 en France, il est impossible d’organiser une mobilisation suffisante. De plus, le canton du Valais a investi près de 900 millions de francs sur dix ans dans son système éducatif.

L’absence d’une structure organisée joue également un rôle décisif. En France, des syndicats lycéens et partis politiques comme La France insoumise coordonnent les grèves. À Genève, en revanche, aucun groupe ne s’est formé pour relayer ces appels. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a appelé à rejoindre des mouvements sociaux, mais il n’existe pas d’équivalent suisse.

Les systèmes éducatifs diffèrent également : sur près de 365 000 jeunes du secondaire II en Suisse, deux tiers suivent des formations professionnelles. Cela rend un blocus scolaire impossible, car la plupart des élèves ne se trouvent pas dans les lycées.

En résumé, la Suisse reste immunisée contre ces mouvements en raison de sa structure éducative et de l’absence d’organisations politiques capables de transmettre le message. Le blocus français n’a donc pas pu s’étendre au-delà des frontières sans une infrastructure préexistante.