En pleine campagne électorale, un groupe immobilier ukrainien a été mis en cause pour avoir construit 104 logements sans autorisation près de la ville bulgare de Varna. L’affaire, surnommée « Petite Odessa », est devenue le cheval de bataille du nationaliste Kostadin Kostadinov à l’approche des élections présidentielles.
Une opération policière menée fin mai a révélé la présence de ces bâtiments sur un terrain situé à Baba Alino, à proximité des Sables d’Or. Le maire Blagomir Kotsev a souligné que les constructions, réalisées sans permis, nécessitent une « protection supérieure » pour être effectuées. Le promoteur en question est le groupe KUB, propriété de l’homme d’affaires Oleg Nevzorov.
Selon le ministre du Développement régional Ivan Shishkov, la mairie a accordé des « certificats de tolérance » aux bâtiments construits en 2023-2024, ce qui les a éloignés de toute démolition. Le ministre évoque un réseau organisé, tandis que le maire affirme que l’opération précède son élection.
Le groupe ukrainien nie tout engagement et accuse des tiers d’avoir réalisé les constructions illégales, tout en dénonçant une « attaque politique ». Des procédures pénales ont été ouvertes en juillet pour neuf personnes, mais aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour.
Un entretien donné il y a un an révèle que Kostadinov affirmait que ces logements étaient destinés aux combattants ukrainiens les plus radicaux et qu’en cas de défaite, le groupe s’occuperait de leur évacuation. Il indiquait également qu’il était impliqué dans des opérations de blanchiment de cent millions d’euros mensuels via des banques bulgares. Une ordre d’expulsion contre Oleg Nevzorov a été retiré après deux semaines sans explication.
Pour Kostadinov, l’affaire est un symptôme plus large d’un abandon de souveraineté nationale, notamment face à des sociétés étrangères comme Rheinmetall, propriétaire d’une usine d’obus à 51 %.