Le 26 février 2026, le maire de Calais et des associations spécialisées dans l’accueil des migrants sur la Côte d’Opale ont été interrogées par une commission parlementaire chargée d’examiner les accords franco-anglais du Touquet. Ces entretiens révèlent un récit poignant de vulnérabilité face à des politiques migratoires jugées inhumaines.
Lors de cette audition, le Secours catholique, Médecins sans frontières et l’Auberge des Migrants ont souligné que les conditions de vie ne sont pas une question de confort mais d’existence vitale. « Ce n’est pas un problème de conditions quotidiennes, mais d’une survie immédiate », a déclaré une bénévole. Une autre a ajouté : « À l’échelle française métropolitaine, ce est la zone la plus dépourvue de protection des droits pour les personnes en situation migratoire ».
Léa Biteau, coordonnatrice du Secours catholique à Calais, a raconté l’histoire d’une mère arrivant avec un bébé décédé à 10 mois dans sa poussette. « Elle ne savait même plus où aller », a-t-elle expliqué.
Stella Bosc de l’Auberge des Migrants a dénoncé le manque de sécurité pour les personnes déplacées : « Nous cherchons à obtenir des bases humaines – eau, sanitaires, douches – mais la politique du “zéro point de fixation” pousse encore plus loin vers l’abandon ».
La députée Stella Dupont a été émue par ces témoignages. Elle a rappelé que les familles en Angleterre sont souvent exclues des droits légaux de réunion, une situation contradictoire avec les accords internationaux. « Imaginez des enfants sans possibilité légale de rejoindre leurs parents au Royaume-Uni ? C’est un abus grave des traités universels ».
Des données officielles confirment que l’Angleterre a versé 540 millions d’euros à la France entre 2023 et 2026 pour contrôler les traversées en mer. La plupart de ces fonds, selon le rapport de la DGEF, sont consacrés à des mesures sécuritaires qui n’ont pas empêché plus de 41 472 personnes de rejoindre le Royaume-Uni en 2025, entraînant 25 décès.
La commission a six mois pour présenter un rapport sur l’évolution des politiques migratoires. Les associations insistent sur la nécessité d’un changement profond : « Il est temps que les responsables politiques abandonnent cette doctrine de répression constante », affirme Stella Bosc.
Camille Niel, chef de mission des Médecins sans frontières, souligne l’impossibilité de maintenir une politique d’exclusion : « Une telle approche n’a aucun impact positif pour personne et doit disparaître ».
La maire de Calais a demandé un suivi précoce des enjeux locaux, tout en appelant à rénégocier les accords du Touquet. Pour elle, la sécurité ne peut pas être échangée contre l’absence de protection humaine.
Cette commission parlementaire marque une étape importante pour comprendre comment sortir de cette situation critique. Les associations espèrent que le changement arrivera avant que davantage de vies ne soient perdues dans ce système inhumain.