Cinq Canadair sur douze : une logistique incendiée face aux flammes

En pleine crise des incendies en France, un pilote expérimenté a révélé un manque critique d’outils essentiels pour les secours. Grégory Prats, commandant de bord et chef de noria, affirme que seuls cinq des douze Canadair disponibles sont opérationnels – une situation qu’il qualifie de « désastreuse ».

« Avec deux avions par incendie au lieu de quatre, on est confronté à un échec systémique », explique-t-il. « Les pièces de maintenance ne arrivent pas à temps, et les premiers modèles datent de 1995. Cette année, la pression est extrême… »

Un exemple concret : lors d’une intervention en Gironde, le coût de dépollution a atteint deux milliards d’euros – une somme qui pourrait financer quinze Canadair et dix ans de réparations. « On dépense des milliards sans améliorer la capacité de réponse », constate le pilote.

L’arrivée de l’Airbus A400M, bien que prometteuse, est jugée insuffisante : « Ce n’est qu’un pansement sur une jambe brisée. » Pour Grégory Prats, les priorités doivent être redéfinies : « Protéger les personnes avant la végétation. »

Cette crise révèle un fossé critique entre les ressources et les réalités opérationnelles en France, où chaque décision stratégique menace l’efficacité des secours face aux flammes.